Huit femmes de Robert Thomas
Pour notre première saison à Casson, par manque de moyens financiers, je m’improvise metteur en scène. Vu le grand nombre de femmes de tous âges parmi les inscrits, nous décidons de nous lancer dans la préparation de « Huit femmes ».
Cette pièce écrite en 1958 a connu un franc succès en 1961 lors des représentations au théâtre Edouard VII où l’on pouvait applaudir entre autres Mony Dalmès, Corinne Le Poulain et Madeleine Barbulée. Cette pièce un peu oubliée depuis, a été remise au goût du jour au cinéma en 2002 par François Ozon qui s’entoure d’une pléiade de grands noms du cinéma et du théâtre : Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux. François Ozon transforme la pièce en y incorporant une chanson pour chaque personnage ce qui donne une nouvelle jeunesse au texte.
Pour notre part, nous décidons de garder intact le texte original et le casse-tête commence. Comment arriver à faire évoluer 8 personnes sur un plateau aux petites dimensions ? C’est grâce à des croquis qui reprennent les déplacements de chaque personnage que j’arrive à prévoir à chacune la position qui permettra d’être vue du public, de face, tout en ne cachant pas ses partenaires. Pour corser l’affaire, une des actrices qui joue le rôle de la grand-mère doit se déplacer en fauteuil roulant. Je commence donc par esquisser plus d’une centaine de pages de croquis avant d’en arriver aux intentions de jeu de chaque personnage.
Avec un décor très soigné (l’impression du feu dans la cheminée est donnée par un écran de télévision qui diffuse l’enregistrement d’un vrai feu), nous sommes arrivés à reproduire l’intérieur d’une maison bourgeoise des années 1950.
C’est ainsi que nous parvenons au terme de nos répétitions à offrir aux spectateurs cassonais médusés un spectacle de trois heures varié auquel ils ne s’attendaient pas.
La compagnie du TRAC a réussi son baptême du feu.
