Tout a commencé en septembre 1996, quand deux amis Jacqueline et François m’ont proposé de relever le défi suivant : s’inscrire dans une troupe de théâtre et se soumettre au jugement des spectateurs. Le pari fut tenu et nous nous inscrivons dans la seule troupe de théâtre de notre commune Sucé sur Erdre. Cette toute nouvelle compagnie n’a qu’un an et porte un nom imprononçable :
Théâtre JULUHERIKIMA. Cette troupe a été créée en 1995 à l’initiative de quelques jeunes de 18 ans (JUlie, LUcie, HErvé, etc…). Autant dire qu’ils sont assez étonnés de me voir arriver avec mes 38 printemps et mes amis de 55 et 60 ans !!
Qu’à cela ne tienne, ces jeunes très motivés veulent dynamiser la troupe et faire du vrai théâtre ; l’année passée, ils avaient interprété des textes écrits par eux mais cette année, ils ont envie de jouer du Feydeau.
Et pour cela, ils ont besoin de personnages plus âgés, autant dire que notre arrivée est une aubaine. Mais, nous, les anciens, nous ne savons pas dans quelle galère nous nous sommes embarqués.
En effet, les pièces de Molière jouées au collège sont un peu loin. Mes souvenirs sont ceux de répétitions chahutées et de représentations de fin d’année devant nos parents obligés de venir faire le public…A cette époque, j’ai apprécié ce travail de groupe et j’étais attiré par cet aspect convivial de la littérature. Mais mon esprit mathématique et mes études m’ont vite accaparé et les années lycée et faculté ne m’ont guère laissé le temps de me plonger dans cet univers. Après, le travail et la construction d’une famille m’ont éloigné des salles de spectacles.
C’est donc avec appréhension et bonheur que je m’engage pour la saison de 1996-1997. Nous faisons donc connaissance avec notre metteur en scène, Michel qui se propose de nous faire jouer deux pièces :
Léonie est en avance de Georges FEYDEAU et
La commode de Victorine d’Eugène LABICHE.
Les rôles sont distribués sans nous connaître et sans savoir ce que nous valons. Comme nous ne sommes pas assez nombreux pour les deux pièces, certains héritent d’un rôle dans chaque pièce et c’est mon cas. Je me dis que pour un début, c’est peut être trop mais l’avenir me fera dire le contraire. Je jouerais donc le rôle de :
Monsieur De Champrinet dans Léonie est avance et
Mariton dans La
Commode
Le premier défi est d’apprendre un texte par cœur ce qui ne m’est pas arrivé depuis belle lurette. Comment s’y prendre ? A force de tâtonner, de réécrire le texte, de le lire et le relire, j’ai fini par trouver une méthode qui m’est personnelle mais que j’aime bien et que je continue à pratiquer encore aujourd’hui : me souvenant que j’ai une excellente mémoire auditive, j’ai commencé à enregistrer le texte de la pièce en lisant toutes les répliques de mes partenaires et en laissant des « blancs » au moment de mes tirades. Puis je me repasse la bande jusqu’à ce que je puisse de mémoire faire entrer mes répliques dans ces plages libres. Cette technique me permet de ne pas être accaparé par la lecture des phrases de mes partenaires et m’oblige à mettre le ton de suite sans faire de la récitation.
Plus les répétitions avançaient et plus l’envie de bien faire était présente.
C’est avec un réel bonheur que nos deux représentations se déroulèrent.
Mais quelle frustration de ne jouer que deux fois !! Tant de travail pour si peu sur scène ! Mais c’est ce premier contact avec les planches qui a fait naître en moi cette passion qui m’anime encore aujourd’hui.
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